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[Texte extrait de la monographie de Maurice Fichet
et des carnets de souvenirs de Simone Fichet]
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Pour faire le tour complet d'un service d'un gardien de phare,
il faut rester trois jours avec lui : deux jours de
services et un jour de repos.
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Une
journée d'hiver, le soleil doit se coucher à 18H30.
L'allumage sera donc prévu pour 18H00.
Le gardien chargé de l'allumage et de la première
veille monte en haut du phare, la montée prend quinze
minutes (il y a 365 marches).
Arrivé dans la lanterne, le gardien enlève les
rideaux de protection contre l'incendie situés de l'Est
au Sud et à l'Ouest. Ensuite, sans perdre de temps, le
gardien contrôle les deux anémomètres (pour
mesurer la vitesse du vent) et fait les relevés imposés.
Il débloque ensuite l'optique, enlève le panneau
du contre-poids et le libère. Pour aider le départ,
il lance l'optique et embraye le moteur. Au bout de quelques
minutes, lorsque l'optique a pris son rythme normal de rotation,
le gardien vérifie à l'aide d'un chronomètre.
Tout ce travail fait, le gardien redescend avec une certaine
habitude en trois ou quatre minutes.
Une fois revenu au pied du phare, le gardien attend l'heure
de l'allumage. Le moment venu, il allume le phare dont l'optique
tourne depuis un moment déjà.
Le gardien peut toutefois avancer l'heure de l'allumage si le
temps est couvert ou s'il neige...
Il ne peut en aucun cas le reculer.
Le phare allumé, le gardien s'installe dans la chambre
de veille, il vérifie tous les feux qu'il doit apercevoir
sont visibles c'est à dire la bouée des Equels
et de Régnier, le feu de pierres noires située
à l'Ouest, le phare du Cap Levy, les feux d'entrée
de port et le port de Barfleur, celui de Réville, de
StVaast-la-Hougue et le feu des îles St Marcouf. Le gardien
à la fin de son quart doit remplir une feuille où
il marque s'il a aperçu les feux suscités.
S'il n'aperçoit pas les feux de Barfleur et les feux
de la bouée des Equets, il doit mettre la sirène
en route.
A 21h précise, le gardien doit descendre
dans la salle des machines pour prendre l'heure et régler
s'il n'y a lieu les horloges.
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Le
quart se déroule ainsi sans incident la plupart
du temps.
Dans la salle de veille, il y a deux téléphones
l'un en communication avec la lanterne et l'autre branché
sur le standard.
Son seul moment de détente : la soupe que sa femme
ou un enfant lui monte dans les courants d’air et
les hurlements du vent avec pour seul éclairage
une lampe tempête.
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Sa
grande peur : l’orage qui fait exploser les carreaux des
instruments de contrôle, fond les aiguilles et même
la chaînettes du lavabo et survient parfois sans prévenir.
La veille continue jusqu'à une heure moins le
quart, à ce moment le gardien de service va
réveiller son collègue qui doit le relever.
Le gardien retourne dans la salle de veille car le phare ne
doit jamais être laissé sans surveillance.
Le gardien qui assure la relève arrive à une
heure et le gardien relevé communique les consignes
et les observations à son camarade.
Et le gardien, après avoir rempli quelques imprimés,
jugements sur la force du vent et la "grosseur" de
la mer peut aller se coucher
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Le
second jour, il prend son service à 7 heures
l'été et après l'extinction
l'hiver, à 9 heures,
le gardien prend l'heure et régle les appareils
du radiophare ensuite.
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Toute
la journée, il est de service. Il doit répondre
aux questions des visiteurs. Il reste debout au pied du
phare.
Après le "service visiteur", il peut
aller dormir, car ce service s'arrête dès
l'allumage.
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Le
sommeil sera de courte durée car le gardien devra
prendre le quart à une heure,
et la longue veille recommencera jusqu'à 7
heures l'été mais l'hiver elle
peut durer jusqu'à 9 heures.
Cette longue veille est parfois coupée par l'apparition
de la brume, qui déclenche une certaine activité.
Le gardien descend dans la salle des machines pour mettre
en route le moteur de la sirène, téléphone
au gardien de St Vaast-la-Hougue qui n'est pas astreint
à la veille de nuit. Il déclenche à
son tour la sirène s'il a de la brume dans son
secteur.
Le gardien doit alors réveiller son camarade, celui
qui a sa nuit libre. Pendant que ce dernier met la sirène,
celui qui est de quart monte en haut du phare.
S'il y a un certain temps entre la mise en route du moteur
et le départ de la sirène, c'est tout simplement
qu'il faut un certain temps pour que la pression soit
assez forte.
Imaginez le son lugubre de la sirène qui s’ajoute
aux autres bruits et vous assourdissent complètement.
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| Le
troisième jour pour le gardien est libre. |
Il
ne peut cependant pas quitter le phare ni le jour ni la
nuit car l'apparition de la brume nécessite son
intervention. Le gardien peut cependant aller à
la pêche ou avoir tout autre activité aux
environs du phare. Il peut participer au travail d'entretien
du phare : réparations, mise en place d'appareils
neufs...
Ce travail lui sera compté en heures supplémentaires.
Les gardiens avaient aussi mission de ravitailler en gaz
et d’entretenir les bouées, celles des Equets,
du Régnier, de la Pierre-Noire et les balises avoisinant
le phare.
Travail pénible et périlleux. |
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Ils
entretenaient la propreté du phare. A savoir
chaque samedi le balayage des 365 marches. Chaque
gardien en balayant 73 et aussi l’astiquage
des cuivres et des vitres. Deux fois par an, ils
lavaient les marches. Les marches supérieures
avec une réserve d’eau en haut du phare
et les autres avec l’eau que montaient les
hommes dans des seaux de toile. Il y avait ceux
qui apportaient l’eau et ceux qui brossaient. |
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Ci-contre,
Orismond Fichet (gardien de phare de 1913 à 1847)
en 1938 –1939 en train de faire le nettoyage des
vitres et de l’optique.
Orismond
n’avait pas le vertige. C’était lui
qui était chargé de repeindre la coupole
à l’extérieur.
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