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Quand
le vent souffle en tempête et qu’il y a en même
temps une grande marée, le spectacle est grandiose.
La mer semble prendre le phare d’assaut. Impossible de
franchir la jetée. Doubles portes et fenêtres doivent
être bien fermées.
Côté mer, les gardiens de phare et leurs famille
se groupent dans la cour intérieure pour regarder cette
vision sauvage, humer et respirer ces saveurs d’algues,
d’embruns et de sel marin. La mer est grise et sale, frangée
d’écume. Elle remue les fonds de sable et d’algues.
Le bruit des vagues énormes se brisant sur les rochers,
est sourd. Elles retombent en passant par dessus les logements
en pluie d’eau et de mousse blanche que le vent emporte.
Quand la mer redescend, ils vont « au plein ». Ils
longent la côte pour récupérer morceaux
de bois et autres épaves qui allument leurs foyers l'hiver.
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| Par
deux fois, la jetée céda sous les coups de boutoir
et les blocs de granit dont elle est faite sortaient comme des
bouchons de champagne. Ni les jeunes enfants ni les animaux
ne sortaient, le vent les aurait balayés. Mais, les adultes
étaient dehors, grisés par cette tempête
à regarder et regarder encore ce spectacle grandiose
et terrifiant que représente la force de la mer déchaînée.
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