Dès 1774, la Chambre de commerce de Rouen fit construire un phare : c’était une tour de 27 mètres et d’une architecture très sobre.
Depuis son achèvement et jusqu’en 1780, les gardiens alimentaient un feu de charbon qui ne devait pas leur laisser grand repos.
En 1780, le feu de charbon fut éclipsé ; le nouveau système émerveilla les gens et il y avait de quoi.
On avait installé des sortes de « réverbères », constitués par seize lampes à huile. Ce qui donna au phare une portée de deux lieues.
Le phare fut construit à l’époque pour la somme de 90 000 francs.
Le travail était si bien exécuté que Jacques Maurice reçut un supplément la somme de 2 000 francs en témoignage de satisfaction.
 
   
 

La portée du feu devint trop restreinte pour pouvoir entrer dans le système général adopté, en 1825, pour l’éclairage des côtes de France, système dans lequel deux phares consécutifs doivent embrasser dans leur champ tout l’espace qui les sépare.
Cette condition essentielle devait être remplie à Gatteville, concurremment avec le phare du cap La Hague d’une part, et de l’autre avec les feux de la Hève qui sont soutenus, à 121 m d’élévation, sur le sommet d’une falaise, aux environs du Havre.
La portée lumineuse de ces derniers, et la distance qui les sépare de Gatteville, exigeaient sur ce dernier point, l’établissement d’un feu à une hauteur de 71m62 au-dessus des plus hautes mers.
Ce projet grandiose germa dans le cerveau de Monsieur De la rue, ingénieur du Corps Royal des Ponts et Chaussées. Ce dernier connaissant parfaitement bien la géographie des côtes normandes, savait que les navigateurs n’omettraient pas de reconnaître la pointe du Cotentin soit pour rentrer ou pour sortir de cette poche qui s’effile jusqu’au Pas de Calais.
On doit à De la Rue de nombreux travaux dans la Manche notamment le phare de Goury, les jetées de Saint Vaast, Barfleur, Granville.
Le phare de Gatteville nécessita le budget considérable à l’époque de 332 214 francs.
Le nouveau système nécessitait une révision systématique de la technique de signalisation lumineuse. Le but : faire en sortes que tout navire au large des côtes de France doit en perdant de vue un feu, en retrouver un autre. Il doit toujours voir un phare de premier ordre.

   
   
     
 
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