La
portée du feu devint trop restreinte pour pouvoir entrer
dans le système général adopté, en 1825,
pour l’éclairage des côtes de France, système
dans lequel deux phares consécutifs doivent embrasser dans
leur champ tout l’espace qui les sépare.
Cette condition essentielle devait être remplie à Gatteville,
concurremment avec le phare du cap La Hague d’une part, et
de l’autre avec les feux de la Hève qui sont soutenus,
à 121 m d’élévation, sur le sommet d’une
falaise, aux environs du Havre.
La portée lumineuse de ces derniers, et la distance qui les
sépare de Gatteville, exigeaient sur ce dernier point, l’établissement
d’un feu à une hauteur de 71m62 au-dessus des plus
hautes mers.
Ce projet grandiose germa dans le cerveau de Monsieur De la rue,
ingénieur du Corps Royal des Ponts et Chaussées. Ce
dernier connaissant parfaitement bien la géographie des côtes
normandes, savait que les navigateurs n’omettraient pas de
reconnaître la pointe du Cotentin soit pour rentrer ou pour
sortir de cette poche qui s’effile jusqu’au Pas de Calais.
On doit à De la Rue de nombreux travaux dans la Manche notamment
le phare de Goury, les jetées de Saint Vaast, Barfleur, Granville.
Le phare de Gatteville nécessita le budget considérable
à l’époque de 332 214 francs.
Le nouveau système nécessitait une révision
systématique de la technique de signalisation lumineuse.
Le but : faire en sortes que tout navire au large des côtes
de France doit en perdant de vue un feu, en retrouver un autre.
Il doit toujours voir un phare de premier ordre.
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