Le métier de gardien de phare impose une immense responsabilité, la moindre petite inattention, le moindre sommeil au cours duquel le phare pourrait s'éteindre et ce serait peut-être la catastrophe. Le phare éteint, la sirène muette, le radiographe en panne, ceci pourrait entrainer le naufrage de bateaux passant dans les parages.

Les gardiens de phare ont vu leur travail évoluer au cours des années avec la modernisation des équipements et des machines.

Au début du 20ème siècle, il y avait au moins 6 gardiens qui vivaient sur place avec leur famille dans des conditions parfois rudes. Ils étaient deux à veiller en haut et deux en bas pour alimenter les machines à vapeur qui permettaient de faire fonctionner la lampe à arc électrique.

Il y avait donc les lanterniers (tous les jours, il faisait le même quart en haut du phare) et les chauffeurs (ils s'occupaient des machines à vapeur. Ils étaient toujours dans le bas du phare. Ils pouvaient récupérer du charbon). Outre la surveillance de nuit, les hommes étaient occupés le jour de multiples tâches : entretien des machines, corvées de charbon, qu'il fallait apporter avec l'aide d'un banneau, à cheval, depuis la gare de Gatteville. Ils devaient également assurer l'entretien des bouées et balises du secteur; celles du banc du Régnier et des Equets.

Après la libération en 1944, le service auprès de la lanterne étant nécessaire, deux hommes assuraient la surveillance, ainsi que deux hommes dans la salle des machines pour la marche des diesels et du signal sonore.

Les machines à vapeur sont remplacées par deux diesels allemands récupérés à Fermanville. Marcel Fichet les démonte et remonte entièrement. Mais, le matériel est usé. Les gardiens devront les réparer sans cesse avant leurs remplacements en 1953.

Le service des gardiens a été modifié. Plus de lanterniers, ni de chauffeurs, tous les gardiens effectuaient le même service sur trois jours, réduisant ainsi les inégalités.

A partir de 1954, avec le changement de machines, le nombre de gardiens de phare va progressivement passer de six à trois gardiens. Les gardiens partants ne sont pas remplacés.

Le phare a été automatisé en 1984 mais aujourd’hui il y a encore quatre personnes qui surveillent le phare et le balisage maritime de la côte est de la Manche, jusqu’aux feux de Brévands à Carentan. Une seule habite sur place.

Gatteville est un phare de terre.
Avant d'être affecté au phare de Gatteville, pour tout gardien de phare, il fallait avoir :
- déjà travaillé dans un phare de mer;
- effectué son service militaire.

(sauf cas particulier)

Depuis 1991, l'Etat ne forme plus de gardiens, mais des contrôleurs de Travaux publics de l'Etat, spécialité phares et balises.
Ils surveillent des appareils électriques et électroniques, ils commandent à distance, et ils interviennent pour des entretiens programmés ou des situations d'urgence.
Leur travail évolue vers plus de technicité et de qualité. D'ailleurs, les personnes qui réussissent le concours de contrôleur, ont toutes une formation bac +2 à bac +5.


 
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